L’odeur du café et cie.

2013-04-25-726Tout a commencé par l’odeur du café. Ces arômes épicés que j’ai eu le bonheur de humer ce matin (non, ce midi), m’y ont fait penser.

A la cigarette.

Et surgit l’envie d’écrire ce billet. Pour l’accompagner, vous me pardonnerez, disons-le d’emblée, de poster l’image du cappu d’il y a trois jours, par commodité.

Parenthèse: avant de humer, je revenais d’un footing au parc. Courir me réharmonise, fait recirculer l’énergie dans mon corps, qui revit, se réveille d’un long sommeil – et autres bienfaits en « re » ou « ré »  -, se trouvant dès lors beaucoup plus réceptif (eh bien voilà, celui-là manquait à la liste). Réceptif à la vie autour de lui, les sons, les odeurs, les sensations sur la peau, les mouvements des uns et des autres…Et c’est ça qui l’ancre.

La petite fille qui grandira de longues années anesthésiée de ses émotions, de ses sensations, elle qui fut coupée de la vie pour survivre à ces instants où l’agresseur – son papa – la massacrait à l’extérieur et à l’intérieur, me dit merci. Car elle vibre et c’est inestimable.

Pause avant de fermer la parenthèse: évidemment l’émotion m’étreint, comme à chaque fois que je pose des mots sur l’indicible.

Revenons à la défunte. La cigarette. Définitivement pour moi éteinte en avril 2008. Cette cigarette, autrefois indispensable corollaire du café matinal, je l’ai abandonnée sur le bord d’une route, il y a cinq ans déjà. Au sens propre. Oui, je sortais du bureau avec l’envie de m’en griller une.

Je n’étais pas une grande fumeuse.

Tout de même, ça faisait trois ans que cinq à sept d’entre elles rythmaient mon quotidien – j’eus aimé dire de cinq (du matin) à sept (du soir), pour la rime. C’était plutôt de huit à vingt-deux (heures).

Je clopais donc en rue, lorsque le dégoût m’a inondé la bouche. Immonde. Qu’est-ce que c’est que cet infâme mélange de composants chimiques ? Prise à la gorge, j’ai grimacé furieusement, jeté la pseudo-copine sans ménagement. Et tout le paquet avec. Fini, terminé, basta.

Bon. Pour être honnête, j’en ai taxé l’une ou l’autre à l’occase, un soir, un jour. Sans plus.

Les héroïnes de mes deux romans fument. Pas clope sur clope, juste les essentielles. Quel bonheur de jouir par procuration d’un plaisir que je ne m’octroie plus, avec raison. Quand-même, parfois c’était un plaisir. Tiens, cette ambivalence plaisir/dégoût, ça me rappelle quelque chose…

Tiens, en flash, l’image de mon géniteur, la sèche au bec, le regard méprisant. « Les femmes qui fument en rue, c’est vulgaire… ». L’une de ses réflexions d’un autre âge.

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