A lâché.

2014-06-08-3239Je ne peux pas résumer en quelques phrases tout ce qui a lâché ces derniers mois. Tout ce que je me suis autorisée à lâcher, tous azimuts, en conscience, portée par la fierté d’oser affronter, dépasser cette peur du fameux « regard des autres », réel ou supposé, au risque de déplaire, un goût de mort dans l’âme en bouche, parfois – mais le goût de la vie au cœur, toujours.

Ce tout, mot fourre-tout, englobe sensations, émotions, créations, réflexions, divagations diverses spontanément partagées ou non, à travers l’écran ou pas.

Il y eut tant de « tout ça » jailli hors de moi, porté à l’extérieur, qui me laissa chaque jour ETRE un peu plus, être un peu plus chaque jour présente à moi, apprendre à savourer, profiter, accueillir ce qui EST, dans l’instant, un peu plus chaque jour.

Il y a de ce discours partout, « profitez, profitez, vivez le moment présent, accueillez, accueillez… ». Il y a de ce discours partout, quitte à le transformer en injonction, quitte à se mettre la pression.

Enfer et damnation, je ne profite pas assez !

Soulagée, je suis, d’accueillir, puisqu’on est dans le sujet, cette part de moi critique à mon endroit, très exigeante, un juge souvent prompt à faire tomber le couperet.

Voix si familière sans laquelle je ne serais plus là aujourd’hui, j’aurais baissé les bras, ma compagne de survie, cette voix me fit avancer, tenir bon, et, à l’arrivée, être ici, occupée à jeter frénétiquement lettre après lettre, des mots sur l’écran, le chant des oiseaux à l’oreille, le corps chauffé par le soleil.

L’accueillir, lui cueillir un bouquet de violettes, ou de pâquerettes, pour la remercier, et lui dire, lui redire, qu’elle peut baisser la garde, que j’accepte l’imperfection,  les difficultés du quotidien qui sont miennes, autant que les qualités déployées pour y faire face. Que j’accepte même d’éprouver de la difficulté à m’accepter.

S’accepter comme un tout.

Apprendre l’accueil inconditionnel et plonger dans la vie davantage.

Tandis que je finalise ce billet, un sentiment de joie s’échappe de mon plexus solaire.

A suivre.