Quand un statut Facebook se transforme en billet de blog.

2014-04-01-2695Le mémo d’aujourd’hui (11 août 2014):

Lâcher prise…9è ? 10è épisode ? (To be continued).

Toujours un vrai et beau plaisir d’avoir un retour vrai et beau sur mon livre, qui remplit. Merci C.C.

E.C., à mon tour, je suis en phase de doute depuis quelques jours.

L’écriture.

L’écriture ? A quoi sert-elle, à quoi sers-je si je m’époumone en mots et que leur écho ne s’étend pas aussi loin que je le voudrais ? Quand mes mots se meuvent en concurrence avec d’autres – co-existence, me dis-je dans un jour de confiance -, et que leur écho se perd dans l’immensité de l’air et me revient en pleine figure, dans un effet boomerang ravageur: mais après quoi cours-tu ? La reconnaissance, la gloire, le succès ? Etre lue. Lue, lue et encore Lue. Soif d’être lue, inextinguible, je la sens insatiable.

Et puis cet après-midi. Deux lignes et je suis lancée. La suite d’une nouvelle qui s’étire, que j’étire sur le sujet du moment, lequel n’a rien de nouveau, Gaza, bien sûr. Après le surgissement de l’idée, l’envie de la suivre et la pister, les premières pages matérialisées, le vide. Le questionnement, ça va trop vite, c’est trop intense, qu’ai-je à en dire, la réalité n’attend pas que je m’y adapte, elle file à toute allure, me submerge de son réalisme effarant. Horreurs, terreurs, mots en -eur, tous au pluriel, peurs, radicalisations, indignations, d’autres mots en -tions, indifférence mêlée de lâcheté.

Sans parler d’incompréhensions naissantes ou plus anciennes, voire immémoriales, qui se réveillent, s’écrivent sur des murs virtuels, se heurtent aux murs de nos limites individuelles, en bâtissent de nouveaux, se veulent-ils compétiteurs des murs en briques bien concrètes ? J’allais écrire de chair et d’os, et c’est bien ce dont il est question.

D’humain.

Des incompréhensions se créent, s’apaisent ou s’agrandissent, se disent ou se taisent. Un fossé se creuse, ou se comble. Des passerelles se dressent ou s’effondrent.

Je deviens muette face à l’ampleur d’une situation qui s’enlise et me dépasse. Muette d’émotions devant la mort qui gagne du terrain. J’essaie de suivre, impuissante à transformer en mots l’énergie dépensée, la métamorphose créatrice peine à s’opérer, la métabolisation ne fonctionne plus, mécanisme enrayé.

Temps mort.

Images, articles de tous bords, en tous genres, flashes spéciaux, émotions fortes qui se tassent d’un coup, un magma brut de décoffrage, une sorte de bourdonnement permanent m’encombre les oreilles, mon cerveau bouillonne mais n’est que brouillon, entrecoupé d’heureux et salvateurs retours au moment présent et leurs délices délicieusement terre-à-terre. La vie ne cesse de se frayer un chemin en moi, même quand je la repousse, ou quand le défaut d’humanité du monde la repousse en parallèle.

Deux lignes et je suis lancée. Je m’en étonne, puis m’en abreuve, et me souviens de l’effet que ça fait. J’avais presque oublié.

Ecrire, c’est du travail.

J’avais presque oublié l’effort pour ciseler, trouver le mot juste, j’avais oublié la respiration saccadée, déjà essoufflée par le flot sorti d’un coup, dans l’urgence. Trop longtemps retenu. J’avais oublié la peur d’oublier de dire quelque chose, de l’écrire, pardon, quelque chose d’important.

Et si tout ne sortait pas ?

J’avais oublié les phrases qu’on se refuse à terminer, dans lesquelles les virgules s’accumulent, expressément tirées en longueur, tant pis si j’use la patience du lecteur, de longues phrases censées se lire comme elles ont été écrites, sans respiration. J’avais oublié les phrases courtes, que l’on coupe sans ménagement, avec force, pour montrer qu’elles en ont.

En d’autres mots, j’écris. Et j’aime. 🙂

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