Renverser la charge de la preuve.

Bonjour à vous qui me lisez,

En mars, de nouvelles étapes sur mon chemin de Vie après l’inceste. J’ai d’abord eu le bonheur d’animer une soirée rencontre en librairie autour de mon roman « Naissance ». Un très beau moment de partage, riche en émotions. Une première qui sera renouvelée, je l’espère. Ensuite, vous pouvez voir en cliquant ici, une courte séquence vidéo réalisée par mon éditeur pour la promotion du livre.

 

Naissance couverture2

 

Un goût de trop peu ? Si vous restez sur votre faim, auriez souhaité que je développe davantage mes réponses, la lecture de « Naissance » vous en apprendra plus sur la manière de se reconstruire après l’inceste et les différentes séquelles. Vous pouvez le commander auprès de mon éditeur ici ou me contacter personnellement, si vous désirez un exemplaire dédicacé.

Cette séquence illustre également à quel point les conséquences d’une telle destruction de l’individu restent méconnues du grand public. Ces méconnaissances peuvent engendrer des réactions négatives qui sont tout aussi destructrices pour les victimes: c’est ce qu’on appelle la victimisation secondaire. Rejet, remise en question de la parole des victimes, jugements et incompréhensions diverses, etc. Parfois, c’est plus subtil. Comme par exemple, ce qui peut sembler un détail, mais n’en est pas un: l’intervieweur utilise le terme « avouer » dans l’une des questions, pour expliquer que j’ai révélé ouvertement avoir subi un inceste dans l’enfance. Ce terme est maladroit et très difficile à entendre pour la victime, qui n’a rien à avouer puisqu’elle n’est pas coupable. C’est très révélateur de l’inversion des rôles.

Ce devrait être à l’agresseur d’avouer son crime.

Malheureusement, c’est rarement le cas, puisque la majorité d’entre eux sont dans le déni et que ces crimes restent largement impunis, notamment à cause du délai de prescription. Même si cela n’apparaît pas dans la vidéo, j’ai repris mon interlocuteur lorsqu’il a utilisé ce terme, et j’ai rectifié en expliquant ce que je viens de vous dire.

Quand je dis « Victime d’inceste », je parle d’un statut objectif, pas d’un état psychologique. Se revendiquer VICTIME d’inceste, c’est reprendre le contrôle sur sa vie, remettre les choses et les responsabilités à leur place. Renverser la charge de la preuve: NOUS NE SOMMES PAS COUPABLES. NI DES AGRESSIONS SUBIES, NI DE NOS SEQUELLES. La société est redevable envers nous du manque de considération auquel nous faisons face la plupart du temps. C’est à l’agresseur d’apporter la preuve de son innocence.

Dire ces mots, c’est être sujet de sa vie.

Il est courant pour énormément de personnes ayant subi ce traumatisme majeur, de vivre des expériences qui leur renvoient de la honte et de la culpabilité. Et dans tous les domaines de leur vie. Il est déjà difficile de surmonter le tabou et d’être capable d’en parler, ensuite quand on y arrive, le processus pour retrouver sa dignité d’être humain, se construire en tant que personne à part entière – et en tant que femme en particulier – est immensément long et lent. Cet apprentissage constant, ce défi de tous les jours qui demande un énorme travail, pas à pas, se voit sans cesse freiné par la non reconnaissance de la société (dont l’entourage professionnel, familial, médical, thérapeutique, amical parfois…) qui nous met des bâtons dans les roues trop souvent.

La honte doit changer de camp. Il est temps que les victimes d’inceste soient pleinement reconnues dans leurs souffrances et que les coupables soient punis à la hauteur du crime.

Le grand public doit être informé correctement, ainsi que les professionnels de la santé et de la justice, pour éviter d’enfoncer les survivants qui tentent de s’en sortir comme ils le peuvent. C’est un changement sociétal fondamental et nécessaire, au vu du nombre de victimes, d’ailleurs largement sous-estimé.

Voici également une pétition pour abolir ce délai de prescription qui n’a pas lieu d’être. Déjà plus de 100 000 signatures !

Merci de votre intérêt et de votre aide ! N’hésitez pas à partager ce message: les choses doivent être dites, encore et encore, jusqu’à ce que cela change.

 

Bien à vous,

 

Alexandra Coenraets

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