La mer – impressions en vrac (1)

Impressions en vrac. A la mer, il y eut foule de merveilleux moments, drôles, insolites, touchants et j’en écris ce qui me vient, attention, écriture automatique: j’ignorais qu’il y avait tant d’Allemands à la côte belge (enfin « tant », disons que plusieurs fois, j’ai entendu des gens s’exprimer dans la langue de Goethe); il y eut de belles discussions avec mon frère venu me rejoindre. Insolite: il m’avait vue dans « Questions à la une », me l’avait dit, on en a reparlé, je lui demande comment il l’a su. « Je ne le savais pas, me répond-il, j’ai vu qu’il y avait ce documentaire au programme, je me suis dit que ça devait t’intéresser, j’ai regardé et…ah tiens, tu étais dedans ». LOL. Autre échange-clé-culte-déprimant (biffez la mention inutile):  » – personne ne peut obliger des aveugles à voir (dit-il); – ok, mais personne ne peut m’obliger à les fréquenter (dis-je) ». Dont acte. Passons à autre chose: ah ce maillot et ce chapeau que nous achetâmes et qui lui vont comme un gant. Ah cette mer calme et plânante dans laquelle je nageai chaque jour (sauf un). C’était bon, très bon. Ah ces vagues, il y en eut quelques unes tout de même, j’avais oublié à quel point c’était joyeux de se les prendre en plein corps, de dos ou de face. Jubilatoire. Vivant. C’est ce que devait ressentir aussi ce petit garçon que je vis sautillant dans la mer le dernier jour. Touchant (très touchant): le soir vers 19h, je profite de cette ultime baignade du séjour, je la savoure tellement que je n’ai plus envie de sortir de l’eau. A mes côtés, déboule ce petit bonhomme d’environ 6-7 ans, frêle, fébrile, d’une sensibilité à fleur de peau. Il pousse des cris d’extase à chaque vague, le visage illuminé, sourire gigantesque, yeux pétillants. Sa mère, habillée, le surveille avec une certaine inquiétude depuis la plage, les pieds dans l’eau. Quant à moi, je le regarde avec tendresse, et veille aussi à sa sécurité. Son émerveillement m’émeut profondément. Bien sûr, j’ai vu d’autres enfants s’amuser gaiement, mais lui me touche particulièrement. On dirait que c’est la première fois qu’il vit cela. Ce devrait toujours être comme si c’était la première fois, d’ailleurs. Pour garder intacte cette joie authentique.

Publicités