Recherche plume désespérément (création n°5)

Ecrire

M’est

Devenu

Impossible.

Je me décourage

D’entreprendre le voyage.

Avant. L’écriture avait du sens,

m’emmenait où je savais qu’elle allait.

Naviguant à vue, nous nous répondions l’une l’autre.

Deux associées inséparables, unies dans une foi inébranlable.

Tantôt bancal, inégal, insatisfait, notre duo parfois ramait, inabouti.

Mais aussitôt se reprenait, enjoué, harmonieux, jouissif. Résultat garanti.

Nous touchions au sacré. Sur un nuage, on planait. Nous finissions par fusionner.

Sans pareille idylle, la création se perd en route. Se noie sous des flots de doutes.

Maintenant. Ma prose romanesque s’effrite, se disperse, se perd en conjectures.

Jeu de dupes entre elle et moi, chat et souris. L’écriture m’échappe et je la fuis.

Cela me torture. De ne plus pouvoir. Alors, dans un sursaut de fol espoir

Qui se veut salvateur, je me dis: renonce ! Et me rends. Et j’abdique.

J’abandonne. Je n’écris plus. De romans. L’affaire est pliée. Chic !

Un instant soulagée d’un poids immense, ivre d’être enfin

Délivrée du sortilège qui hante l’écrivain. Hélas, le hic.

Une seconde après, je suis à nouveau possédée.

N’ai plus qu’un désir, me laisser envoûter.

Décrocher la lune, retrouver ma plume.

Entendre son murmure et le disperser

Oui, le répandre aux quatre vents.

A tâtons, je la scrute et la hume.

En vain. Nulle trace. Elle est

Muette comme une carpe.

Et si je jouais de la harpe

Pour la réapprivoiser ?

Qu’est-ce que vous

En pensez ?

 

Création n°4

A la ramasse.

Pourtant

J’en ai,

De l’audace.

Nul ne réussit

Sans entregent

Ainsi va la vie

Pas autrement.

Parfois ça passe

Ou bien encore,

y a de la casse.

Et ça m’agace.

Comparaison

N’est pas raison,

Qu’on m’en débarrasse

car elle me glace

Les sangs.

Ah si j’étais

Prise dans la masse

De ces braves gens

Tombés dans la nasse

Et qui font le taf

Serrant les dents.

Sans broncher

Jusqu’à la fin

Se préservant

Une dignité

Lorsqu’ils s’en iront

Les pieds devant.

Et moi,

Rebelle

Devant l’éternel

Je ne veux pas

Des faux-semblants.

 

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Création n°2

Oublier

L’espace d’un instant

Les Douleurs

Et les questionnements. 

Voir la vie

En couleurs

Quitter le Noir et Blanc.

Se laisser

Transporter,

sur le papier

depuis la pointe du crayon.

Suivre les lignes

Toutes tracées,

faisant fi des indécisions. 

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Voguer, surfer, planer, plonger

au cœur du dessin.

Ne plus penser à rien.

Unir l’humeur à la teinte,

choisie à l’intuition.

Le plaisir de créer

Sans se poser de questions.

Création n°1

Des mots ? Mais lesquels ?

Inventifs, créatifs, innovants ou…

Neutres

Fades

Sans pulsions

Ni battements

A faibles pulsations.

Inodores.

Incolores.

Ou alors…

Des mots

Démoniaques

Malsains, critiques, virulents.

Violence.

Des mots qui tombent

Comme un couperet.

Des mots ?

Comme des bisous.

Moelleux

Tendres et doux.

Enveloppants

Ou charmeurs…Charmant.

Enjôleurs ?

Sonnent-ils faux ? Je n’entends rien.

Les mots font du bruit, parlent à tort et à travers ou

Au contraire, entraînent à leur suite, en cascade, des silences

Sereins ou de plomb.

C’est selon.

Rien à dire.

Alors ?

Tendre vers

Autre chose

Et se faire

Une raison

Ou deux…

Le cœur a les siennes, d’ailleurs.

Lesquelles ?  Je l’ignore.

Déraisons

Emotions

Dépasser l’impression

Que l’imagination

S’est perdue en route.

Et aussi la sensation

De stagner

Pour de bon.

Ostende

Arno sort son nouveau clip, tourné à Ostende.

Une certaine vision de la ville côtière, loin des plages bondées estivales qui sont la norme là-bas aussi. Ostende, c’est bien plus qu’une station balnéaire, c’est une ville avec une âme.

Une ville aux multiples facettes, depuis la plage et la digue jusqu’au port en passant par le casino, le centre-ville commerçant et les rues adjacentes aux maisons bourgeoises.

Il faut la découvrir petit à petit, la déguster, s’en imprégner. Ici, la plage est mise à l’honneur, et on la sent, cette âme particulière, propre à la mer du nord certes, mais aux couleurs ostendaises, ce qui lui donne toute sa consistance. 23735957_10155410749828649_2356124876866510981_o

Je retrouve les sensations éprouvées lors de promenades le soir sur une digue déserte, le long des Galeries royales construites sous Léopold II. Ostende, symbole de la Belgique d’antan.

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Dans ce clip, cette atmosphère est magnifiée par le personnage d’Arno, sa voix, son accent et ses mots, quoi de plus normal, c’est un Ostendais d’origine. L’ambiance m’évoque aussi les peintres Léon Spilliaert et James Ensor, tous deux nés à Ostende. Et enfin, ce côté sombre et mélancolique me semble à la fois typique de là-bas et en phase avec l’actualité: il pourrait parfaitement symboliser le désespoir provoqué par la vague brune électorale qui n’a pas épargné la ville. Mais Ostende, c’est bien plus que ses habitants, Ostende, c’est…Ostende tout simplement. (Non je ne suis pas sponsorisée par l’office du tourisme ostendais…c’est mon cœur qui parle).

Photos © Alexandra Coenraets