Extrait 3è roman en cours. Incompréhension mutuelle.

De toute façon, pour l’instant, il ne la voit plus. Passe rarement au QG, rentre chez lui juste après le travail. Fait en sorte de l’éviter. Leur dernière conversation lui laisse un goût amer, il n’a pas apprécié. En gros, elle l’a accusé de se reposer sur ses lauriers quand il lui reprochait d’être, elle, bloquée en mode apathique. Ben t’es gonflé toi, niveau mollesse, t’en connais un rayon, crois-moi ! a-t-elle répliqué. Même que son attitude d’abattement à lui – genre chien battu – l’a toujours énervée, mais elle au moins a la délicatesse de ne pas en parler, tandis que Monsieur ne se gêne pas pour donner des leçons à tout-va en mode grand seigneur. Genre fais ce que je dis pas ce que je fais.

– Ah bon, tu me trouves mou ?? C’est vraiment l’image que tu as de moi ? Sur un ton outré.
– Eh oui mon cher Thierry, voilà, c’est dit ! Sur un ton péremptoire.

Il en a perdu la voix, en est resté comme deux ronds de flan. Normal. Il ne lui a pas dit qu’il avait rué dans les brancards. Elle n’est pas au courant. Il voulait, attendait le bon moment. C’était Jasmine le centre d’attention, Jasmine a démissionné, Jasmine en proie aux doutes consécutifs à sa décision, en pleine confusion, sujette à petite déprime passagère qui dure. Jasmine qu’il faut d’abord soutenir, il lui parlerait de lui après. Il ne l’a pas fait. Aussi parce que cette salope de vulgarité a montré son petit cul comme de bien entendu et qu’on (= la boîte) a recadré Thierry. Pas la peine de raconter à sa belle les quelques vaguelettes qu’il a provoquées au boulot pour absolument aucun résultat, si ce n’est d’avoir été rappelé à l’ordre. Pas la peine, elle le trouverait pathétique. Alors que ça lui a demandé un courage dingue, à Thierry, de dire leurs quatre vérités au N+1 & consorts. Et que de fait c’était courageux car personne ne moufte.

Monsieur n’a pas répondu à cette provocation inconsciente et s’est tiré aussitôt. Depuis silence radio et elle regrette, mais de cela il n’est pas au courant. Et s’il savait, il n’en aurait cure. Qu’elle pense ce qu’elle veut.

Jasmine, pensive, à la terrasse d’un café, en train d’en siroter un, n’en finit pas de ruminer cette bête discussion qu’ils ont eue dernièrement, elle et Thierry – tout doucement leur échange commence à dater et depuis lors pour eux le temps se passe dans deux réalités parallèles.

Ce qu’il n’a pas compris on dirait et je n’en reviens pas, se dit-elle, c’est que ma léthargie provenait d’un état de stress post-traumatique. Le bon mot, c’est si-dé-ra-tion. Elle se le répète à voix basse, en articulant bien chaque syllabe histoire d’en renforcer le caractère légitime. Donc elle a réagi au quart de tour quand la goutte a fait déborder le vase, parce qu’elle n’a pas supporté d’être attaquée sur ce terrain-là. De ce stress si particulier, elle en a parlé des milliers de fois à Thierry, à défaut qu’il en soit témoin puisqu’elle s’est arrangée – s’est démenée ! A quel prix ! – pour lui dissimuler ses crises d’angoisse et les gérer seule. Trop de honte, surtout pas devant lui, il ne faut pas qu’il voie ça. Par contre, dans son costume de flic, elle lui a si souvent expliqué en quoi consistent les séquelles éprouvées par les victimes prises en charge au poste. Il sait très bien que par extension elle souffre aussi de cette saloperie et que c’est à l’origine de sa démission. Elle croyait qu’il intégrait ses paroles au fur et à mesure ou à défaut qu’il les entendait, au moins ça, elle le supposait. Et quand il s’est mis à lui faire la leçon de manière répétitive, lui reprochant son apathie, c’était avant qu’elle trouve le job au snack, Jasmine ne l’a pas supporté. Il fallait que ça sorte et c’est sorti. Ok elle s’en veut car il fait la gueule, présume-t-elle, vu qu’il ne lui donne aucune nouvelle. La culpabilité à l’excès fait d’ailleurs partie intégrante de ce maudit syndrome qui gâche la vie de l’ex-commissaire adjointe reconvertie en serveuse.

Ou comment naissent les malentendus et grandissent les incompréhensions.

©Alexandra Coenraets, 2019 – tous droits réservés

Découverte du Vedic Art

Deux journées de découverte du Vedic Art ces 24 et 25 juillet. Il s’agit d’un processus issu de la tradition védique qui nous aide à développer et libérer notre créativité à travers la peinture, selon 17 lois naturelles.

24 juillet: j’ai été frappée par l’évolution de ce que j’ai déjà pu réaliser en une seule après-midi. Il n’est pas nécessaire de savoir peindre pour cela, on se laisse guider par son élan, son intuition. Le but est de faire fonctionner le cerveau droit, libérer l’artiste en nous et laisser de côté le cerveau gauche, le rationnel. Les moments de création sont méditatifs. Dans la première création, j’ai ressenti le besoin de tout jeter ce que je pouvais sur le papier, le déverser, me décharger. C’était très intense, j’étais debout, comme dans l’urgence et l’envie de saturer le papier de couleurs, remplir le vide. Sans me poser de questions et du coup sans presqu’une respiration. Explorant le mélange des couleurs, expérimentant différents outils (pinceaux, éponges, mes doigts, brosse à dent, racloir, etc.). C’était tellement intense, brut, cash (je cherche le bon mot), d’une traite, que j’ai dû me (re)poser après cela et respirer plusieurs minutes. Je me sentais vidée et libérée de ce que j’avais expulsé. Ancrée. Ensuite, peu à peu, pour les créations suivantes et en fonction des consignes (rajouter du relief entre autres), j’ai pris un autre rythme, introduit progressivement plus d’espaces et de légèreté, pour terminer dans une franche gaîté. Tout cela s’est fait spontanément, instinctivement, naturellement. Impressionnant. Créer, c’est tellement amusant ET enrichissant ! Belle expérience… Merci à Patricia, notre guide et accompagnatrice ! La suite, demain !

 

25 juillet: Vedic Art – jour 2 terminé. Encore une belle évolution, vers plus de douceur et d’apaisement…

 

Deux expériences pour le prix d’une: d’abord peindre, et puis par temps de canicule ! Mais nous avons survécu ! Cela n’a pas altéré notre concentration ni l’intensité du processus créatif, même si la lourdeur s’est fait ressentir par moments. Et la fatigue, en fin de journée. Il me reste à renouveler l’expérience en hiver par – 10 pour comparer ! 😉

2 août: Je suis ravie de cette découverte et constate après une semaine que mon horizon intérieur et créatif s’élargit chaque fois que je regarde mes créations ! J’observe aussi laisser plus de place à mon envie de créer, avec davantage de fluidité. Je retrouve confiance en mon potentiel. Pour différentes raisons (dont deux ateliers d’écriture aux mois de mai et juin, un nouveau travail énergétique entamé, notamment au contact des chevaux), la chape de plomb qui m’encombrait ces derniers mois semble s’être progressivement évaporée. Touchons du bois.

Vers la mi-juin, je me suis d’abord remise à écrire des mots en vrac sur ce blog, textes appelés eux aussi « créations ». Puis ai repris l’écriture de mon troisième roman. Ces deux journées des 24 et 25 m’ont cependant semblé déterminantes, une apogée, tant ce fut un feu d’artifices de couleurs, de gestes, d’intuitions. Je suis amusée en relisant ce que j’avais écrit sur le support assiette lors du premier atelier d’écriture au mois de mai ! Le Vedic Art était ce dont j’avais besoin !

Je prends le temps d’intégrer cela, de canaliser cette nouvelle énergie et poursuivrai certainement l’exploration du Vedic Art par la suite.