Blabla sur l’impulsion du stylo

Qu’est-ce qui pousse irrémédiablement l’auteur-e à écrire ?

Désir soudain brûle la peau puis incendie le corps en son centre ? Urgence de survie vécue dans l’angoisse du silence imposé ? Fruit mûr tombé de l’arbre issu de nos réflexions ? Unique moyen de révéler au monde la couleur de nos sentiments ? Ou de préserver leur intensité, d’empêcher qu’ils déteignent et se diluent après passage dans la grande lessiveuse sociétale ?
A moins que ce ne soit un exercice de style conçu comme autant d’abdos censés entretenir le cerveau – le néocortex, il s’entend. Ou alors une intention bassement matérielle, le texte guidé par le profit.

Plusieurs de ces impulsions conjuguées, peut-être.

Ou serait-ce encore le résultat d’une série de raisons qui échappent à la mienne ?

D’où vient l’impulsion, le geste, la pulsion ? Du ventre ? Des tripes ? Du sexe, du coeur ou des neurones ? Qui sait d’où proviennent Fifty Shades of Grey et Das Kapital ? Je verse dans les extrêmes et c’est à dessein. Pas si insensé que ça d’imaginer la bible marxiste issue en tout premier lieu d’un désir génital et ledit mum-porn book né d’une réflexion purement intellectuelle sur la-meilleure-façon-de-se-faire-du-fric-facile…Qu’en dites-vous ? Les historiens et observateurs ont probablement déjà apporté une réponse à cette question qui ne fait que me traverser.

Prose ou poésie ?

Roman ou nouvelles ?

Essai ? Autobiographie ?

A chaque plume son paysage. A chaque auteur-e son voyage.

Pourquoi écrit l’un, pour qui écrit l’autre ?

Pourquoi dévoiler cela et rien d’autre ?

Pourquoi ne rien faire d’autre que dévoiler

Un fragment de nos vies enchaînées, enflammées, décimées, démunies, endormies, engourdies, réveillées ?

Une facette de nos existences tranquilles, inquiètes, futiles, mensongères, délétères, bancales, satisfaites ?

Pour mieux se voiler ensuite ?

Pour arrêter de se voiler la face ?

Pour tenter de remettre chaque chose à sa place ?

Et comment se faire une place, se créer un espace, parmi tant d’êtres qui laissent une trace… ?

Ecrite.

Mon premier mouvement, à moi, auteure de ces lignes, provient d’un élan vital à déposer, par écran interposé, des mots. D’abord des mots.

Bien plus, en fait, à creuser ce qu’ils cachent. Transposition nécessaire d’une sensation éphémère, chaque mot qui s’ajoute mue cette dernière en émotions nourricières – non, elles ne seront pas mercenaires -, dont les ondes diffusent ça et là les notes tantôt hésitantes, tantôt inspirées, parfois fulgurantes, et même dissipées, récalcitrantes ou enjouées, bref elles sont d’une infinie variété, les notes, donc, qui composent la partition de mes états d’âmes (et que les amateurs de phrases courtes me pardonnent).

L’ensemble espère habiller le papier d’un velours langagier, c’est-à-dire doux au toucher, puisque ce billet se veut léger.  Et à chacun-e de décider s’il lui sied !

Sur ce, je vous souhaite une délicieuse journée… ou soirée.

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